propos ascétiques LXIX
Par ptit moine le mardi 26 août 2008, 06:00 - sentences - Lien permanent
Dans les débuts, d'ordinaire, la grâce illumine l'âme, en lui donnant une
perception intense de sa lumière ; mais dans la suite du combat spirituel, le
plus souvent, c'est en secret qu'elle réalise ses opérations mystérieuses dans
l'âme contemplative. Ainsi, elle nous remplit de joie au moment où elle nous
lance sur la trace des contemplations divines, en nous appelant de l'ignorance
à la science, mais, au milieu des combats, elle maintient notre science à
l'abri de la vaine gloire. Il convient donc de modérer notre affliction quand
nous nous croyons abandonnés, pour nous amener à plus d'humilité et à plus de
soumission devant la gloire du Seigneur, mais aussi de savoir nous réjouir au
moment favorable, lorsque nous sommes soulevés par une bonne espérance.
De même qu'une affliction excessive pousse l'âme au désespoir et à
l'incrédulité, de même une joie excessive peut la faire tomber dans la
présomption. Je parle pour ceux qui sont encore des enfants. En effet, entre
l'illumination et la déréliction, il y a place pour l'épreuve, et entre le
chagrin et la joie, pour l'espérance. Car, j'attendais le Seigneur dans mon
attente, et il se pencha vers moi (Ps 39.2), est-il dit et encore
Quand les soucis abondent dans mon cœur, tes consolations délectent mon
âme (Ps 93.19).
Saint Diadoque de Photicé : Les propos
ascétiques. Cent chapitres.





