propos ascétiques LXXIII
Par ptit moine le samedi 30 août 2008, 06:00 - sentences - Lien permanent
Lorsque l'âme se trouve dans l'abondance de ses fruits naturels, elle met
d'autant plus d'ardeur à chanter les psaumes et elle préfère la prière vocale.
Mais lorsque l'Esprit Saint agit en elle, alors dans un grand abandon et une
grande suavité, elle psalmodie et prie seulement dans son cœur. Lorsqu'elle
s'attache au premier mode de prière, elle éprouve une joie imaginative, mais
dans le deuxième mode viennent les larmes spirituelles, suivies d'une sorte de
jubilation avide de silence.
En effet, le souvenir de Dieu, entretenu dans la ferveur par la mesure de la
voix, prépare le cœur à porter des pensées qui font jaillir des larmes et qui
sont pleines de douceur. Ainsi, on voit les semences de la prière se répandre,
au milieu des larmes, dans la terre du cœur, avec l'espoir de la joie apportée
par la moisson. Cependant, lorsque nous nous trouvons sous le poids d'un grand
découragement, il convient d'élever un peu plus la voix dans la psalmodie, en
faisant retentir, dans la joie de l'espérance, le chant de l'âme, jusqu'à ce
que se dissipe cette nuée pesante, sous l'effet des souffles de la
mélodie.
Saint Diadoque de Photicé : Les propos
ascétiques. Cent chapitres.


