propos ascétiques LXXIV
Par ptit moine le dimanche 31 août 2008, 06:00 - sentences - Lien permanent
Lorsque l'âme est parvenue à la connaissance d'elle-même, elle produit aussi
d'elle-même une certaine ferveur qui plaît à Dieu. Car, n'étant plus troublée
par les soucis de la vie présente, elle engendre un amour de la paix qui
cherche dans une certaine mesure le Dieu de la paix. Mais elle en est vite
distraite, soit que le souvenir de Dieu se laisse trahir par les sens, soit que
la nature ait vite fait d'épuiser son bien à cause de sa pauvreté.
De là vient que les sages de la Grèce ne possédaient pas comme il le fallait
ce qu'ils pensaient atteindre par la continence, parce que la sagesse éternelle
et véritable n'agissait pas dans leur esprit.
Au contraire, la ferveur que l'Esprit Saint apporte dans le cœur est d'abord
très paisible, continuelle, elle attire toutes les parties de l'âme vers le
désir de Dieu, sans que son ardeur sorte du cœur pour se tourner au dehors ;
bien au contraire, par l'intermédiaire de celui-ci, elle réjouit l'homme tout
entier, en l'entraînant vers une charité et une joie sans limite. Il convient
donc de reconnaître en soi cette première ferveur pour atteindre ensuite à la
seconde. En effet, si l'amour naturel est l'indice d'une nature que la
continence a rendue saine, il ne peut jamais cependant rendre l'esprit meilleur
et capable d'atteindre à l'impassibilité, comme le fait l'amour
spirituel.
Saint Diadoque de Photicé : Les propos
ascétiques. Cent chapitres.





