De là vient que les sages de la Grèce ne possédaient pas comme il le fallait ce qu'ils pensaient atteindre par la continence, parce que la sagesse éternelle et véritable n'agissait pas dans leur esprit.
Au contraire, la ferveur que l'Esprit Saint apporte dans le cœur est d'abord très paisible, continuelle, elle attire toutes les parties de l'âme vers le désir de Dieu, sans que son ardeur sorte du cœur pour se tourner au dehors ; bien au contraire, par l'intermédiaire de celui-ci, elle réjouit l'homme tout entier, en l'entraînant vers une charité et une joie sans limite. Il convient donc de reconnaître en soi cette première ferveur pour atteindre ensuite à la seconde. En effet, si l'amour naturel est l'indice d'une nature que la continence a rendue saine, il ne peut jamais cependant rendre l'esprit meilleur et capable d'atteindre à l'impassibilité, comme le fait l'amour spirituel.
Saint Diadoque de Photicé : Les propos ascétiques. Cent chapitres.