Depuis plusieurs années, des neuroscientifiques américains mènent des expériences en laboratoire sur des méditants bouddhistes. Intrigués par leur capacité de concentration et de régulation émotionnelle, les chercheurs les soumettent à des tests et mesurent leur activité cérébrale. Leur but : étudier la plasticité du cerveau, mieux comprendre l'esprit et sa relation au corps pour, à terme, lutter contre le stress et les déséquilibres. La méditation accroît-elle les facultés de concentration ? Si oui, dans quelle mesure ? Comment les moines parviennent-ils à maîtriser leurs émotions ? Peut-on réellement mesurer le vécu ? À l'aide d'électrodes et de scanner, les scientifiques explorent un territoire encore largement en friches. Ils analysent les états de concentration, le phénomène de présence éveillée, la génération volontaire de compassion – une pratique primordiale du bouddhisme réservée aux moines confirmés… Ces recherches n'en sont qu'à leurs prémices, mais elles ont déjà révélé, chez les moines générant la compassion, l'activation de connexions cérébrales spécifiques dans le cortex…