Donc celui qui veut purifier son cœur doit toujours l'enflammer par le souvenir du Seigneur Jésus, occupé sans cesse à cette seule méditation et activité. Il ne faut pas, si l'on veut faire disparaître en soi toute trace de corruption, tantôt se livrer à la prière, tantôt l'interrompre, mais il faut sans cesse s'adonner à la prière dans la garde de l'esprit, même si l'on séjourne en dehors des lieux de prière. Car de même que celui qui veut purifier de l'or, s'il laisse s'éteindre le feu du creuset, voit se durcir à nouveau la matière à purifier, de même, celui qui tantôt garde le souvenir de Dieu et tantôt non, détruit par cette vacuité ce qu'il croyait avoir acquis dans la prière. Le propre d'un homme qui s'attache à la vertu, c'est de toujours consumer les éléments terrestres de son coeur par le souvenir de Dieu, afin qu'ainsi peu à peu le mal soit détruit par le feu du souvenir du bien, et que l'âme revienne parfaitement à sa splendeur naturelle avec une gloire accrue.
Saint Diadoque de Photicé : Les propos ascétiques. Cent chapitres.