propos ascétiques XCVII
Par ptit moine le mardi 23 septembre 2008, 06:00 - sentences - Lien permanent
Lorsque, avec une douleur brûlante, le cœur reçoit les traits venus des démons,
de telle manière que l'assiégé croit supporter leurs traits mêmes, l'âme hait
ses passions dans un effort pénible, étant donné qu'elle se trouve au début de
sa purification ; car si elle n'éprouvait pas tant de souffrance devant
l'impudence du péché, elle ne pourrait pas trouver une joie aussi abondante
devant la bonté de la justice.
Donc celui qui veut purifier son cœur doit toujours l'enflammer par le
souvenir du Seigneur Jésus, occupé sans cesse à cette seule méditation et
activité. Il ne faut pas, si l'on veut faire disparaître en soi toute trace de
corruption, tantôt se livrer à la prière, tantôt l'interrompre, mais il faut
sans cesse s'adonner à la prière dans la garde de l'esprit, même si l'on
séjourne en dehors des lieux de prière. Car de même que celui qui veut purifier
de l'or, s'il laisse s'éteindre le feu du creuset, voit se durcir à nouveau la
matière à purifier, de même, celui qui tantôt garde le souvenir de Dieu et
tantôt non, détruit par cette vacuité ce qu'il croyait avoir acquis dans la
prière. Le propre d'un homme qui s'attache à la vertu, c'est de toujours
consumer les éléments terrestres de son coeur par le souvenir de Dieu, afin
qu'ainsi peu à peu le mal soit détruit par le feu du souvenir du bien, et que
l'âme revienne parfaitement à sa splendeur naturelle avec une gloire
accrue.
Saint Diadoque de Photicé : Les propos
ascétiques. Cent chapitres.



