propos ascétiques XCIX
Par ptit moine le jeudi 25 septembre 2008, 06:00 - sentences - Lien permanent
Lorsque l'homme de Dieu a vaincu presque toutes les passions, deux démons
continuent à lutter contre lui : l'un d'eux importune l'âme, en la portant d'un
grand amour de Dieu à un zèle déplacé, pour l'amener à vouloir qu'aucun autre
ne plaise à Dieu autant quelle ; l'autre s'en prend au corps, en l'excitant,
par un mouvement enflammé, au désir de l'union charnelle. Cela arrive au corps
d'abord parce que ce genre de plaisir est propre à la nature, en vue de la
procréation, et de ce fait, il est facilement dominateur ensuite aussi, parce
que Dieu le permet.
En effet, lorsqu'Il voit chez un de ces combattants s'épanouir un grand
nombre de vertus, le Seigneur permet parfois qu'il soit souillé par un tel
démon, afin qu'il se juge plus méprisable que les hommes qui vivent selon le
monde. Assurément, l'assaut de la passion vient après ou avant les bonnes
actions, pour que l'âme, que la passion précède ou suive, paraisse inutile,
même si elle compte à son actif nombre de bonnes actions. Contre le premier
démon, combattons par beaucoup d'humilité et de charité, contre le deuxième,
par la continence, l'absence de colère et une profonde pensée de la mort, afin
que, ressentant sans cesse l'action de l'Esprit Saint, nous surpassions, dans
le Seigneur, ces passions aussi.
Saint Diadoque de Photicé : Les propos
ascétiques. Cent chapitres.


