En prolongement du conseil du père Isaac, je tombe sur un autre conseil du père Porphyre, sur le même thème.

Le Petit-Père [père Porphyre] me dit un jour :
« Mettons que tu marches tranquillement sur la route et  qu'un frère avance devant toi, calmement lui-aussi. Si, subitement, un homme méchant surgit d'un chemin de traverse  pour se jeter sur ton frère, le couteau à la main, le frappe et lui tire les cheveux, éprouveras-tu devant un tel spectacle de la colère contre ton frère ou en auras-tu pitié ? »
Ayant trouvé surprenante la question de l'Ancien, je lui dis à mon tour :
« Comment pourrais-je être en colère contre mon frère qui se trouve être victime du malfaiteur ? Une telle pensée ne m'aurait même pas effleuré. J'en aurais pitié et je m'efforcerais de l'aider autant que possible.
— Eh bien alors, poursuivit l'Ancien, tout homme qui t'outrage, te cause du tort, te nuit, te calomnie ou commet quelque injustice à ton égard, est un frère qui est  tombé entre les mains du diable malfaiteur.
Toi, quand tu surprends ton frère en train de commettre quelque injustice à ton égard, que dois-tu faire ? Tu dois avoir vraiment pitié de lui, être compatissant avec lui, et prier Dieu avec ferveur et en silence de te soutenir en cette heure pénible de ta mise à l'épreuve, et de faire aussi miséricorde à ton frère. Car si tu ne fais pas cela, si au contraire tu te mets en colère contre lui, opposant à son offensive ta contre-offensive, alors le diable qui se trouve juché sur la nuque de ton frère, sautera sur la tienne aussi et vous fera danser tous les deux. »

Extrait du beau livre Anthologie de conseils, du Père Porphyre.