En prélude à la publication dans la rubrique « sentences » de quelques vies de saints écrites par l'évêque Pallade d’Hélénopolis, nous proposons une introduction présentant cet auteur du IVe siècle.

Né vers 363-364 en Galatie, région de l’actuelle Ankara, le jeune Pallade (Palladius) reçut une éducation soignée. A l’âge de vingt-deux ans (386), épris du désir de Dieu, il se rendit en Palestine où il fréquenta le milieu monastique
Les qualités de fidélité, de discrétion, de souplesse sans opportunisme, le désir évident d’apprendre et de bien faire, la droiture alliée à un sens natif de la modération dont il fit preuve en toutes circonstances, durent le signaler à d’importants personnages qui, pensant aux services qu’il pourrait rendre plus tard, envoyèrent le jeune Pallade en Egypte : dans cette université évangélique que tous les talents de son si heureux caractère seraient purifiés et retrempés dans le feu du désert.
En 388 donc, Pallade débarqua à Alexandrie. Un moine organisa son noviciat qui fut une rude épreuve de trois ans. A son terme, il visita les ascètes des alentours de la ville, en prenant des notes, habitude qui ne le quitta plus. En 390-391 Pallade rejoignit la colonie monastique de Nitrie, située au sud de la ville, aux confins du désert,
Au bout d’une année, il partit vers le grand désert aux Cellules où il vécut dans une paix relative jusqu’en 399, date à laquelle il tomba malade. Les médecins lui prescrivirent de quitter l’Egypte et nous le retrouvons à Constantinople en 400, année où il fut choisi et consacré par saint Jean Chrysostome comme évêque d’Hélénopolis.
Il ne nous appartient pas ici de retracer en détail les événements auxquels fut mêlé Pallade mais qui concernent davantage Jean Chrysostome. Ils aboutirent à son exil. Disons seulement que l’évêque d’Hélénopolis courut à Rome dans les derniers mois de l’année 404, pour y plaider la cause de Jean devant le pape. Il obtint gain de cause, mais revenu à Constantinople, il fut arrêté, emprisonné et exilé ... dans le sud de l’Egypte. C’est là, en 408, qu’il rédigea le Dialogue, méditation théologique sur la tragédie de saint Jean Chrysostome.
On réhabilita Jean Chrysostome en 413, et Pallade fut rappelé d’exil. Pourtant, il ne retrouva pas son évêché d’Hélénopolis. De façon modeste, il établit sa résidence dans sa patrie, en Galatie. Peu après, il fut transféré au siège d’Aspona (417). C’est là qu’il écrivit (420), à l’âge de cinquante-six ans, la relation que son vieil ami Lausus, devenu le chambellan de Théodose II, lui réclamait, d’où le nom de l’ouvrage Histoire Lausiaque (destinée à Lausus). Pallade mourut entre 420 et 431.

Les extraits proposés dans les prochains billets sont empruntés à la traduction française déjà ancienne d’A. Lucot (en ligne à cette page), extraits révisés pour le blog par un collaborateur anonyme.
On trouvera le texte intégral d’une édition plus récente, traduite par un lecteur émérite de ce blog : Pallade d’Hélénopolis, Histoire Lausiaque, Collect. Spiritualité Orientale 75, Bellefontaine, 1999.