une rose givrée
Par ptit moine le mercredi 10 décembre 2008, 09:00 - nature - Lien permanent

Hier, pour les funérailles du patriarche Alexis, on pouvait voir partout des roses blanches : dans l'église autour du cercueil, sur le chemin emprunté par le cortège. On dit que le patriarche aimait beaucoup les roses blanches.
La nature apporte aussi notre contribution : hier les dernières roses étaient givrées.
Photo prise par un pèlerin.



Commentaires
---> Bonjour Moinillon,
Je vous envoie une pensée blanche pour cette âme qui semble avoir été un modèle de foi orthodoxe...
Bien respectueusement, Jack.
Je profite de ce post pour poser quelques questions et/ou réflexions (désolé "p'tit moine" mais vu l'éloignement de mes amis orthodoxes et la facilité de communication que nous permet internet vous voici en quelque temps propulsé au rang de conseiller en matière de foi et de praxis orthodoxes, je ne veux cependant pas abuser de votre gentillesse...) :
- Les funérailles du patriarche Alexis II ont été visiblement emprunte d'une grande ferveur. Bénéficie-t-il, comme son homologue catholique, le défunt pape Jean-Paul II de vénérée mémoire, d'un mouvement populaire de vénération laissant présager dans les années à venir d'une élévation à la gloire des autels ? Est-il trop tôt pour en parler ?
- Je suis un nouveau lecteur, et je rattrape donc un peu mon retard en lisant quelques posts d'archive (notamment celui très polémique suite à la communion lors d'une célébration uniate de Mgr Nicolas du Banat), deux questions suivent (il y en aurait bcp d'autres mais ce n'est sans doute ni l'endroit ni l'heure pour les exposer) : quelle décision le Synode de l'Eglise Roumaine a-t-elle prise à l'encontre de Mgr Nicolas ?
Deuxièmement, rien à voir, mais bon... La "différence" entre les signes de croix catholiques et orthodoxes est-elle selon vous purement formelle ou foncièrement ontologique ??
Je m'arrête là faute de temps.
A bientôt.
Frère Thomas,
Quant à savoir si l'exécution matérielle du Signe de la croix conformément au canon orthodoxe (à trois doigts et de droite à gauche) est une condition essentielle de sa validité (pour parler comme vous) et de son efficacité à rappeler l'événement baptismal, à invoquer la Trinité sainte et à chasser les démons, poser la question c'est y répondre. Tout dépend, à l'évidence de la disposition intérieure de celui qui se signe. Vous voudrez bien croire que les orthodoxes hémiplégiques se signent de la main gauche comme ils peuvent, et que Dieu ne leur mesure pas sa grâce pour autant. Si la majorité des fidèles orthodoxes observe avec une certaine rigueur les traditions, ce n'est pas que les pratiques possèdent dans leur matérialité quelque chose d'essentiel, mais c'est parce qu'ils se méfient de leur volonté propre, de leur jugement propre si facilement égaré, bref de "l'illusion" qui les porte à innover et à céder aux phénomènes de mode. Ils trouvent plus sain et plus sûr de suivre la voie qu'ont suivie les saints pères, plutôt que les élucubrations d'autorités auto-proclamées. Vous seriez étonné d'apprendre combien l'Orthodoxie est retentissante du choc en son sein des infaillibilités contradictoires.Je n'ai aucune qualification pour vous répondre, je le fais néanmoins parce que je suis charmé par votre emploi, si spontané, des catégories néoplatoniciennes. Soyez bien persuadé que je ne me moque pas ! Je ne me moque jamais de ceux qui me portent à sourire parce qu'ils sont pleinement eux-même, pleinement de leur ordre, même s'ils découvrent tardivement qu'on est toujours l'hérétique de quelqu'un et qu'on a toujours eu tort d'avoir frotté pour les autres les allumettes.
D'après ce que je crois savoir, le saint Synode de Roumanie, a déclaré a) avoir reçu l'apologie de Mgr. Nicolas du Banat, b) l'exempter de la peine canonique de déposition qu'il avait encouru, c) interdire formellement à tout chrétien orthodoxe de suivre son exemple.
Pour ce qui est des différences dans l'exécution du signe de la Croix, on peut, en gros, retracer leur histoire, voir qu'à certaines époques elles ont été un sujet de querelle tant à l'intérieur de l'Orthodoxie que dans les rapports de celle-ci avec la communion latine.
On doit trouver sur le net quelques articles bien informés sur la question.
Pardonnez ce qu'il y a d' "à peu près" dans tout ceci, c'est la dure loi des blogs où il faut faire court.
Je suis heureux de vous saluer
Le moindre...
Hm. Nicolas.
Merci à Père Nicolas d'avoir pris la plume : malgré ses précautions oratoires, il est sans nul doute mieux placé que moi pour répondre à ces questions.
Je pourrais cependant ajouter quelques mots.
Pour ce qui concerne le patriarche, il est sans doute un peu tôt pour parler de sainteté. Les premiers patriarches et papes des premiers siècles du christianisme étaient automatiquement canonisés. Il en est autrement aujourd'hui. Le rôle du patriarche Alexis II dans le renouveau de l'Église russe est très important, comme son autorité devant l'État et les instances civiles internationales : qui aurait osé, à la tribune du parlement européen, défendre avec tant de vigueur «la civilisation chrétienne de l'Europe» face à la nouvelle morale de notre siècle ? À tel point qu'on se demande qui parmi les évêques serait à la hauteur pour reprendre son héritage.
La canonisation n'est pas une décision formelle, bien sûr, le temps montrera si le peuple chrétien s'adresse à lui dans ses prières, si des miracles s'accomplissent.
La réponse de père Nicolas à propos de Mgr Nicolas du Banat correspond aux informations que je possède.
Pour le signe de croix, c'est justement une réflexion que je me faisais avec un prêtre avec lequel je regardais la retransmission des funérailles du patriarche Alexis.
Après le président Medvedev, Poutine et d'autres "civils" qui se signaient "orthodoxement", on a vu d'autres personnalités s'incliner devant le défunt patriarche. La manière dont ils se signaient avait l'avantage de donner une information sur leur origine...
Merci à tous les deux pour vos indications.
Suivant les conseils de père Nicolas, je suis allé voir si internet pouvait me donner quelque éléments de réponse sur le sujet du signe de croix. J'ai trouvé tout et son contraire, comme d'habitude lorqu'il s'agit de surfer sur le net... Le plus beau reste quand même un commentaire trouvé sur un forum où un fidèle orthodoxe expliquait que l'Eglise indivise pratiquait le signe de croix dans le sens orthodoxe (il semblerait qu'il y ait à ce sujet des sources patristiques, mais je n'ai rien de précis, une idée ?), ce que je peux volontiers admettre mais il expliquait le plus simplement du monde que l'inversion de sens serait dûe à une confusion entre le sens du signe "donné" par un prêtre et le sens "reçu" par le fidèle à un moment où je cite "l'Occident était revenu à l'âge des cavernes"... J'espère ne choquer personne, mais arrivé à ce point de la démonstration j'ai tout de même bien ri !
Sinon, sans vouloir me lancer dans des suites de com interminables, j'aimerai rebondir sur votre réponse, père Nicolas. Je vais sans doute user à nouveau de catégories "néo-platoniciennes" mais je vous prie d'avance d'excuser ce moule intellectuel dont je suis à peine conscient d'autant que malgré des études préliminaires en lettres classiques ma formation philosophique et théologique n'en est qu'à ses prémices. Je reprend une partie de votre réponse, je cite : "Quant à savoir si l'exécution matérielle du Signe de la croix conformément au canon orthodoxe (à trois doigts et de droite à gauche) est une condition essentielle de sa validité (pour parler comme vous) et de son efficacité à rappeler l'événement baptismal, à invoquer la Trinité sainte et à chasser les démons, poser la question c'est y répondre." J'en déduis donc que la réponse est oui. Si nous devions aller au bout de la réflexion il nous faudrait admettre, ipso facto, que le Signe de croix selon les "canons" catholiques (j'ai mis des guillemets pour dire que je ne crois pas que la question ait été codifiée par un concile ou dans le Cathéchisme, mais peut-être je me trompe), dans la mesure ou il ne répond aux conditions essentielles de sa "validité" serait inefficace à rappeler l'événement baptismal, à invoquer la Trinité sainte, à chasser les démons... Est-ce bien là la fin ultime de votre raisonnement ?? J'ai relu la fin de votre com et vous donnez déjà, pardonnez mon inattention, des éléments de réponse. Alors je reformule : d'un point de vue orthodoxe, si Dieu ne mesure pas sa grâce envers un fidèle hémiplégique, le fera-t-il pour des fidèles non-orthodoxes suivant les "élucubrations d'autorités autoproclamées" ?
Enfin je trouve que la fonction "reconnaissance identitaire" du signe de croix est indubitable. C'est pourquoi, le peu de fois où j'ai assisté à des offices ou à la Divine Liturgie dans des paroisses orthodoxes, j'ai tenu à faire le signe de croix dans le sens catholique afin de ne pas créer de confusion pour moi ou pour les autres...
A bientôt.
Pardonnez-moi, frater Thomas, d'intervenir dans votre trialogue. Peut-être apprécierez-vous de lire une petite étude qui me semble équilibrée sur "l'histoire du signe de la croix". Ceci ne répondra, bien sûr, pas à toutes vos interrogations, mais peut-être - et c'est le projet avoué de l'auteur - vous permettra-t-il d'y voir un peu moins flou :
Etudesurlesignedelacroix.pdf
Dans l'Orthodoxie, les Vieux Croyants russes (schisme douloureux du XVe siècle) se signent toujours avec 2 doigts. A l'entrée de leurs églises, il est généralement écrit: "on est prié de ne pas se signer avec 3 doigts"...
Personnellement, je fais comme fr. Thomas et me signe à l'orthodoxe en entrant dans une église... sauf chez les Vieux croyants !
Avec trois doigts (orthodoxes) ; avec deux doigts (Vieux croyants)
À la lecture de la question ci-dessous (non expurgée de ses coquilles), posée sur un forum russe de satanistes dont je ne citerai pas la source bien sûr, on comprend que la manière dont on fait le signe de croix n'est pas indifférente. Ce n'est d'ailleurs pas par hasard que les Pères insistent pour qu'on fasse le signe de croix correctement «afin de ne pas réjouir les démons». La personne demande au "mage" comment il leur convient de se signer pour représenter la croix inversée...
Assez éprouvant !
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Cher frère Thomas.
Je ne me suis sans doute mal expliqué ! Je voulais dire que l'exécution matérielle de signe de la croix, même si elle a été codifiée par l'Eglise au terme d'une longue évolution importe peu du point de vue spirituel pourvu qu'il soit fait pieusement et que l'intention soit bonne. Je ne doute pas un seul instant que les catholiques qui font (à leur manière) le signe de la croix avec piété et dans l'intention de glorifier Dieu ne reçoivent de Lui la grâce qui leur est nécessaire à ce moment, grâce que Dieu seul connaît ... et dont les orthodoxes se doutent.
En résumé, vous avez bien lu, mais il fallait lire une ligne de plus : "Quant à savoir si l'exécution matérielle du Signe de la croix conformément au canon orthodoxe (à trois doigts et de droite à gauche) est une condition essentielle de sa validité ... Tout dépend, à l'évidence de la disposition intérieure de celui qui se signe."
En outre, Albocicade et Ptit moine m'ont trahi. J'ai en effet épuisé le peu que je sais dans un article. J'espère que vous y trouverez votre compte.
En outre, (à propos de sens du signe de la croix) vous trouverez sur le net et dans certains cercles orthodoxes des gens qui professent doctement des âneries comme celle-ci. Âneries qui ne reposent sur rien, mais que l'on reproduit pour faire savant. Dans ce domaine, vous n'êtes pas au bout de vos surprises.
Enfin, votre volonté d'éviter toute confusion dans les circonstances que vous évoquez est fort louable. Il serait au moins dévoyé de vouloir lutter contre la division par la confusion.
Le moindre...
Hm. Nicolas.
Cher Père Nicolas,
Ce n'est pas vous qui vous êtes mal exprimé, c'est moi qui ai lu trop rapidement en vous prêtant des intentions que vous n'aviez pas.
J'ai eu en effet accès à votre article via P'tit moine et Albocicade, que je remercie au passage. Je n'ai pas encore eu le temps de m'y plonger mais je ne manquerai pas de vous en donner quelque échos... Je regrette seulement, compte tenu des facilités pratiques que cela me procurerait, de ne pouvoir disposer d'une version imprimée. Mais je comprends que que les droits d'auteur et le contrôle raisonnable de vos écrits vous oblige à en limiter la diffusion.
Pour le reste, force est de constater en effet qu'avec le petit nombre de mes années et la fine dose d'ingénuité qui me caractérise, je ne suis pas au bout de mes peines et de mes surprises face à la bêtise humaine malheureusement si présente sur le net et au-delà...
Merci enfin de vos justes encouragements sur le chemin de l'Unité. Ce souci est bien antérieur à ma vocation et a été nourri de mes études en patristique et d'amitiés avec des fidèles orthodoxes. Si je peux bien confesser parfois des élans affectifs et "oecuménistes", je tâche de rester un bon catholique, redécouvrant les richesses de la Tradition des Pères, de l'Eglise indivise, et laissant mon esprit vibrer parfois au souffle de l'Orient, sans, comme vous le rappeliez, confusion pour plus de division.
Fraternellement en Christ,
fr. Thomas.