Cet extrait de Père Porphyre, Vie et paroles (à paraître prochainement aux éditions L'Age d'Homme dans la collection "Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle") reflète entièrement l'approche du responsable de ce blog.
Et c'est peut-être pour cela que, par les prières de Père Porphyre, se retrouvent ici des chrétiens allant de l'orthodoxe extrêmement «œcuméniste» à l'orthodoxe extrêmement zélote ; du catholique «fidèle» au catholique très «antivaticandiste» ; du protestant ; et aussi du musulman — à une certaine époque — choqué par le culte de la Croix ; et aussi des connaissances athées qui viennent picorer par-ci par-là. Et cet œcuménisme antiœcuméniste est une belle joie pour moi : une modeste réponse à un des commentaires de Patrick.

PorphyreLe fanatisme n'a rien à voir avec le Christ. Tu dois être un vrai chrétien. Si tel est le cas, tu n'en voudras à personne. « Ton amour supportera tout. » Tu dois te conduire en chrétien, même à l'égard de celui qui est d'une autre religion. Tu dois, en d'autres termes, l'honorer d'une manière courtoise, quelle que soit sa religion. Tu peux prendre soin d'un musulman, s'il en a besoin, lui parler, être en relation avec lui. On doit respecter la liberté de l'autre. C'est ainsi que le Christ « Se tient sur le pas de la porte et frappe », sans entrer par effraction. Il attend que l'âme, librement, L'accueille d'elle-même. C'est de la même manière que nous devons, à notre tour, attendre devant toute âme. Dans notre effort d'action missionnaire, c'est une attitude de délicatesse qui doit prévaloir. C'est ce qui fera que les âmes accepteront sans réagir ce que nous leur offrons : paroles, livres…
Ajoutons encore une chose. Peu de mots. Les mots sonnent aux oreilles et, bien souvent, excitent les nerfs. C'est la prière et la vie qui ont un retentissement. La vie émeut, elle fait renaître et changer, alors que les mots demeurent infructueux. Il n'est de meilleure action missionnaire que celle de notre bon exemple, de notre amour, de notre douceur.