монахLe lecteur calomnié
Les moniales partirent le dire au père. Celui-ci, craignant d’être condamné comme calomniateur, resta coi deux autres jours. La fille ni ne mourait, ni n’enfantait. Mais, comme les religieuses ne supportaient pas ses cris, elles coururent dire à l’évêque : « La jeune fille avoue, en criant depuis des jours, qu’elle a calomnié le lecteur. » Alors le hiérarque envoya vers le lecteur des diacres pour lui notifier : « Prie, pour que celle qui t’a calomnié vienne à enfanter. » Mais le lecteur ne leur donna pas de réponse, ni n’ouvrit sa porte car, depuis le jour où il était rentré chez lui, il priait Dieu. Sur ces entrefaites, le père retourna chez l’évêque : on fit une prière dans l’église mais, même avec cela, la femme n’enfanta pas. Alors l’évêque se leva et s’en alla chez le lecteur. Il frappa à la porte, entra et lui dit : « Eustathe, lève-toi, dénoue ce que tu as lié. » Dès que le lecteur eut plié le genou, la femme enfanta. Ainsi la prière du lecteur et sa constance ont eu le pouvoir de démontrer la calomnie et de donner une leçon à la calomniatrice. Tout cela a pour fin de nous apprendre à persévérer dans la prière et à reconnaître sa puissance.
évêque Pallade
: vies d'ascètes et de Pères du désert

(96e et dernier extrait de l'Histoire Lausiaque de l'évêque Pallade. Je renvoie à l'intégralité du texte dans la traduction nouvelle de P. Nicolas Molinier http://eocf.free.fr/livre_pallade_hist_lausiaque.htm)