Sur la canonisation des saints

1) (extrait de l'article d'un spécialiste du droit canon — l'archiprêtre Vladislav Tsypine, « Les fondements théologiques et canoniques de la canonisation des saints », 2009)

L'Église orthodoxe distingue les saints universels des saints locaux. Les saints locaux sont honorés seulement dans une partie de l'Église, le plus souvent dans l'espace d'un ou plusieurs diocèses, mais parfois uniquement dans un seul monastère ou dans une paroisse.
Quant aux saints universels, ce sont les saints vénérés par toute l'Église universelle — c'est-à-dire par toutes les Églises orthodoxes locales (souvent ils sont honorés aussi par l'Église catholique romaine et par les Églises non-chacédoniennes : cela concerne avant tout les prophètes et les patriarches de l'Ancien Testament, les apôtres du Nouveau et de nombreux martyrs, hiérarques et saints moines anciens) —, ainsi que les saints vénérés uniquement dans une seule Église locale, en particulier dans l'Église russe ou dans plusieurs Églises locales. En effectuant la canonisation, les Églises locales informent les autres Églises locales de la canonisation du nouveau saint, et le nom du saint peut être ajouté aux diptyques par les instances supérieures de ces Églises.
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La canonisation des saints locaux était effectuée de façon différente selon les époques. Actuellement, elle est effectuée par l'évêque titulaire du diocèse avec la bénédiction préalable du primat de l'Église orthodoxe russe.
Pour ce qui concerne le caractère de la vénération et les critères de canonisation, ils sont identiques pour les saints locaux et universels. Les uns et les autres sont commémorés de la même manière dans les prières communes de l'Église; des offices sont composés en leur honneur, on consacre des autels et des églises à leur nom, on leur célèbre des fêtes annuelles, leurs images sont vénérées comme des icônes; on vénère également leurs reliques. Les Vies des saints ainsi que les œuvres écrites par eux sont des lectures édifiantes pour les chrétiens.
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Les martyrs chrétiens des premiers temps étaient considérés comme saints par le fait même d'avoir versé leur sang pour le Christ. Pour leur canonisation, il n'était pas nécessaire de faire d'investigations approfondies de leur vie.

2) Dans son exposé sur la canonisation des nouveaux saints (24 juin 2008) le métropolite Juvénal, président de la Commission synodale pour la canonisation des saints, faisait remarquer que lorsqu'une canonisation locale avait déjà été effectuée, il n'était pas nécessaire, pour respecter une tradition déjà ancrée, de répéter la canonisation, mais il suffisait d'inclure le nom des saints dans les diptyques de l'Église orthodoxe russe (il était question entre autres de saint Jean de Changhaï, déjà canonisé par l'Église russe hors frontières).