Nicolas Georguiévitch Garine-Michajlovski (1852-1906) était un ingénieur et écrivain russe renommé.
Son fils, Georguij Nikolaievitch Garine-Michajlovski (Георгий Николаевич Гарин-Михайловский †1946) était quant à lui diplomate : le plus jeune vice-ministre de l'Intérieur de la Russie tsariste, puis du gouvernement Kerenski et enfin sous Trotski — mais pas pour longtemps — lorsque ce dernier devint ministre de l'Intérieur. Il passa ensuite dans l'Armée blanche, fut diplomate à Paris mais il quitta Paris en 1921, déçu par les rapports entre les diplomates de l'émigration (voir le film russe «Kromov» [Кромовъ] sorti en 2009 qui s'inspire apparemment beaucoup de la personnalité de Garin-Michajlovski). Il s'installe alors à Prague où se trouve une importante communauté russe et enseigne à la faculté russe de Droit. Après la fermeture de la faculté russe, il déménage avec sa femme à Bratislava en 1932 dans l'espoir d'obtenir la chaire de professeur de droit international à l'université de cette ville. Jusqu'en 1939, la vie matérielle du diplomate et de sa famille était à la limite du supportable. Mais lors de la création de l'État de Slovaquie en 1939, il put travailler au  ministère des Affaires étrangères nouvellement créé. À cette époque, Il écrit de nombreux articles, dont certains prophétiques, sur la politique internationale, sur le bolchévisme, le National-socialisme, etc. D'autres articles sont consacrés à la littérature : il était convaincu que l'idée nationale avait un guide que suivait le peuple russe, et ce guide était Pouchkine (et non Lénine). Au début des années 1940, il travaillait sur une «Histoire de la Russie» dont quelques pages furent publiées dans le journal Slovak en 1942, mais l'ouvrage ne fut pas achevé. Un autre livre sur la formation de l'État slovaque parut en 1944 (en allemand : Garin Michajlovski  J. Die Entstehung der Slowakischen Republik als historische Notwendigkeit der Entwicklung Europas, Bratislava, 1944). Le 27 avril 1945, il est arrêté par l'Armée soviétique qui envahit le pays. Il est déporté en Union soviétique, mais sa trace disparaît à partir de juin 1945 : d'après les protocoles du NKVD, on sait qu'il fut emprisonné à Lvov, puis condamné à 10 ans de camp de travail le 12 novembre 1945, selon les articles 58-4 et 58-13 du code de la RSFSR. On sait par V. Lipski, un ancien détenu, qu'il est décédé au camp de Vorkouta (un des plus "célèbres" camps du Goulag) en 1946, épuisé par les travaux forcés.

Le fils de Gueorguij Nikolaievitch — Nicolas Guéorguievitch Michajlovski, diadia Nika (Николай Георгиевич Михайловский - дядя Ника) — est un membre de ma famille, il a 88 ans et habite à Bratislava (Slovaquie). J'ai eu l'occasion de le rencontrer. 
Il m'a longuement parlé de sa propre vie en exil et de celle de son père.
Bratislava 2010-04 04-Michajlovski
Diadia Nika (Nicolas Michajlovski) près du portrait de son père le diplomate Georgui Garin-Michajlovski

J'en ai tiré un enregistrement d'une vingtaine de minutes en russe, consacré au diplomate.
Un article très intéressant sur cette personnalité a été écrit en slovaque, puis traduit en russe (document PDF à cette page).
Un autre document (en russe) présente les détails du procès de Garin-Michajlovski condamné à 10 ans de camp de travaux forcés.


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