autel double pour saint Gabriel
Par ptit moine le jeudi 22 juillet 2010, 16:00 - fêtes - Lien permanent


On sait, sans doute, que dans l'Église orthodoxe il est impossible de célébrer deux Divines liturgies le même jour sur un même autel. Mais que faire lorsqu'on désire célébrer deux liturgies ? Au monastère Saint-Élie d'Odessa, qui possède les reliques de saint Gabriel l'Athonite, thaumaturge d'Odessa et fondateur de ce monastère, dont on fête aujourd'hui l'invention des reliques (1994), il y avait deux liturgies ce matin : l'une présidée (en haut) par Mgr Théognost de la Laure de la Trinité-Saint-Serge de Moscou, l'autre, tardive, présidée (en bas) par Mgr Jonathan. Comme on voit, on a résolu le problème en plaçant pour la première liturgie, un petit autel amovible devant l'autel.

À cette occasion — il n'est tout de même pas très courant d'avoir l'honneur de la présence d'un évêque pour chaque liturgie —, l'église et les reliques de saint Gabriel ont été remarquablement décorées. J'en parlais il y a quelque temps : nous possédons une icône de saint Gabriel, avec une parcelle de ses reliques; nous possédons aussi le texte de l'office qui nous a été offert lors de notre séjour récent en Ukraine. Nous avons donc célébré aujourd'hui la mémoire de ce saint qui nous est particulièrement proche, car il fut higoumène du skit du Prophète-Élie au Mont-Athos à la fin du XIXe s.
Source photos (monastère Saint-Élie d'Odessa) :
1) liturgie matinale
2) liturgie tardive




Commentaires
Quelle est la raison de cette impossibilité de célébrer deux liturgies sur un même autel? Il doit bien y avoir une raison claire, un sens théologique (il faudrait ptêtre que j'aille voir dans "l'Eucharistie..." du Père Schmemann, par ex). Placer un petite table ainsi, n'est-ce pas une pirouette, si j'ose dire ?
«Pour ce qui est de l'usage de ne célébrer qu'une liturgie par jour - parce que le sacrifice du Christ sur la Croix fut unique - voir le Pedalion (Gouvernail) de saint Nicodème de l'Athos et son commentaire du
78e68e canon apostolique [...].Enfin, notons que le concile local tenu au temps d'Héraclius contre Isodorus en 613 condamnait l'usage de deux ou plusieurs liturgies par jour sur un même autel.»
(extrait de la note 191, d'un livre de père Patric Ranson d'éternelle mémoire : Richard Simon ou du caractère illégitime de l'augustinisme en théologie, L'Age d'Homme)
En plus de la raison mentionnée dans le commentaire du 68e (et non 78e) canon apostolique – témoigner que le sacrifice du Christ est unique – il y a une raison ecclésiologique donnée par le métropolite Jean de Pergame :
Lorsque les canons disent "un même autel", ils veulent dire : "un même lieu". La pratique qui consiste à dresser un autel parallèle, ou à célébrer dans une chapelle latérale de la même église respecte la lettre des canons, mais pas leur esprit.Les deux évêques célébrant le même jour en un même lieu contredisent en fait fortement un principe ecclésiologique orthodoxe fondamental : celui de l'unicité de l'évêque et du célébrant en un même lieu.
On pourrait développer.
En fait le canon cité, promulgué en Orient au temps d'Héraclius en 613 avait déjà été formulé de la même manière au concile d'Auxerre (en 578 ou 585) et était appliqué en Occident. Le pape seul avait le droit de célébrer trois messes : à Noël, à Pâques et à la Pentecôte, mais il devait le faire sur des autels différents. Plus tard les messes particulières se sont multipliées (dans certains monastères, on en célébrait une trentaine par jour...) pour diverses raisons.
En Orient, on a toujours préservé le principe de la Liturgie unique célébrée par un seul célébrant. Quand il y a plusieurs prêtres et un évêque, c'est l'évêque seul qui célèbre, entouré des prêtres ; quand il y a plusieurs évêques, c'est le premier selon l'ordre des diptyques...
À une demande de l'ami Albocicade (dont on saura apprécier le fin humour) :
J'apporte la réponse d'un docte contributeur (Marc, pour ne pas le nommer) :En grèce c'est désormais courant, chaque dimanche et lors des gdes fêtes, dans les grandes paroisses ou sanctuaires, tant à Thessalonique qu'à Athènes. Je célèbre régulièrement la deuxième liturgie sur un autel portatif.
Pourquoi ce vocabulaire infantile :
"dans l'Eglise orthodoxe"...
Il faudrait dire : dans le monde orthodoxe, ou bien
"dans les Eglises orthodoxes".
"L'Eglise orthodoxe" n'existe pas.
[...]
Je signe :
Vincent Tanazacq, diacre encore en état de marche
L'Église orthodoxe n'existe peut-être pas dans l'ECOF, mais elle existe ailleurs...
Parler de l'Eglise orthodoxe n'a rien d'infantile : l'Eglise du Christ est orthodoxe car s'il n'y a qu'un Christ, il n'y a qu'une Eglise : SON Eglise, la vraie, la seule puisque de LA Vérité de Dieu à savoir l'Amour imprescriptible de Dieu selon Ses Commandements.
Le monde orthodoxe est une formulation vague pour ne pas dire vide : on pourrait également parler de sphère ou d'environnement orthodoxe, voire d'écosystème orthodoxe…
Il ne faut pas non plus dire les Eglises orthodoxes car l'Eglise est Une, comme Sa tête, le Christ en personne, mais les Eglises locales et donc comprendre : Eglises locales de l'Eglise orthodoxe.
Mais sachons apprécier le courage de ce confesseur : puisque l'Eglise orthodoxe n'existe pas, c'est que cette même Eglise Une, Sainte, Catholique et Apostolique n'existe pas.
Subséquemment, nous apprenons que le Christ, Sa Tête, n'existe pas, donc que le Père non plus puisque cette même et Unique divinité n'est pas; idem pour l'Esprit de Vérité.
Que voilà donc une grande fête de l'esprit, mais avec une toute petite minuscule.
Décidément, nous voilà bien dans l'apostasie générale : les musulmans eux-même n'auraient pas osé nier l'Unique Divinité; un grand moment!…
Au village de Agios Constantinos sur l'île de Samos, en Grèce donc, une église possède aussi deux autels qui permettent de célébrer deux divines liturgies le même jour. J'étais assez jeune à l'époque quand j'avais constaté cela avec surprise et je n'avais pas eu la présence d'esprit d'en demander la raison. En tout cas l'église est clairement construite pour accueillir deux autels, l'un à côté de l'autre. Quand j'y retournerai j'en éclaircirai la raison car c'est très étrange.
Il ne faut pas aller aussi loin pour trouver une église "à deux autels".
L'église des Trois Saints Docteurs, à Paris, possède deux autels. Lors de sa construction cela avait été prévu. Il y a même deux portes royales. Ils sont respectivement consacrés aux Saints Docteurs et à Saint Tikhon de Zadonsk. Il y a bien des années, on célebrait très souvent, en semaine, deux liturgies
une très matinale, ce qui permettait à ceux qui travaillent d'y assister.
En Russie, j'ai même vu des églises avec trois autels.
Cela permet, par exemple, d'avoir une Liturgie le Dimanche de
Pâques, à ceux qui, pour différentes raisons, ne peuvent assister à la Liturgie nocturne de Pâques
Serait-il possible d'avoir des photos des églises précédement décrites, pour se donner une idée de leur architecture et de leur agencement?
@ Tchetnik
malheureusement je n'ai pas de photos de l'église des Trois
Saints Docteurs à Paris
je vous donne le lien du site, où vous trouverez une galerie de photos qui vous donnera une idée de ce que vous recherchez,
et vous trouverez les coordonnées pour éventuellement adresser
un courrier, car je sais qu'il y a un livre qui a été édité pour les 75 ans de cette paroisse, montrant toutes les fresques etc. j'espère que vous trouverez ce que vous cherchez
http://egliserusse.eu/
bonjour et bonne fête (décollation de Saint Jean-Baptiste)!
j'ai enfin trouvé un scanner me permettant de citer, en développement de la citation du métropolite Jean (Zizioulas) de Pergame fournie par Marc (sous le n° 3), le Père Schmemann: "Comme cela a déjà été dit, le célébrant normal de l'Eucharistie, dans l'Église primitive, était l'évêque. Puisque le Liturgie était essentiellement éprouvée et conçue comme le sacrement de l'assemblée, de l'Église, c'est-à-dire de l'unité du peuple de Dieu, l'officiant en était évidemment celui dont le ministère consistait à former, exprimer et maintenir cette unité. Aussi, même alors que l'Église n'était plus un groupe relativement réduit de fidèles et qu'elle comprenait en fait toute la population de l'empire, sa pratique conserva longtemps des traces de ce sentiment de la liturgie comme « l'assemblée de tous en un même lieu » sous la présidence de l'évêque. A Rome, par exemple, au VIIe siècle encore, alors que le nombre des chrétiens rendait plusieurs assemblées nécessaires, une seule Eucharistie était effectuée et les dons consacrés étaient portés par les diacres aux autres assemblées. Cela faisait ressortir le sens du Sacrement : celui de l'unité de l'Église, celui de son triomphe sur le péché de l'éparpillement et de la division du monde.
Aujourd'hui encore, dans l'Église orthodoxe, l'interdiction pour un prêtre de célébrer plus d'une seule Eucharistie sur un même autel témoigne de cette conception de la Liturgie avant tout comme Sacrement de l'Église et de l'unité, conception qui remonte à l'antiquité chrétienne. Telle est la signification de l'antimension.
Historiquement, celui-ci est né de la nécessité de concilier dans l'existence quotidienne, d'une part, le sens de l'Eucharistie comme acte de l'Église entière, qui en exprimait l'unité et qui était donc par excellence un ministère de l'évêque, et d'autre part, le besoin d'une multiplicité d'assemblées eucharistiques. Ignace d'Antioche écrivait déjà : « Que seule soit considérée comme valable l'Eucharistie qui est sous (la présidence) d'un évêque ou de celui à qui il en aurait confié la célébration », Cela indique bien que dès le IIIe siècle, il y avait des cas où l'évêque n'y suffisait pas et il en déléguait le pouvoir à l'un des presbytres. La vie ecclésiale s'étant développée et compliquée, l'exception devint la règle. De président d'une communauté concrète, l'évêque se transforma progressivement en l'administrateur d'une province ecclésiale plus ou moins vaste (éparchie, diocèse), tandis que « l'Église », c'est-à-dire la communauté vivante, devenait une « paroisse ». Il y eut un moment où l'Église semblait ne pas savoir ce qui valait mieux : conserver la liaison immédiate entre l'évêque et la communauté et, pour ce faire, multiplier le nombre des évêques et les placer à la tête de chaque paroisse (telles ont été les conditions historiques de la tentative brève et sans succès pour instituer des « chorévèques »), ou alors, garder la signification régionale, diocésaine, et par là même universelle de l'épiscopat, et attribuer à cette fin de nouvelles fonctions à des membres du conseil diocésain ou presbyterium, en les faisant présider les paroisses. Le deuxième terme de l'alternative a prévalu dans l'histoire."
Père A. Schmemann, "l'Eucharistie, Sacrement du Royaume", YMCA-Press, F.X. de GUIBERT, pp. 97 et 98.
Il semblerait que ce soit possible...
Nous étions au monastère de la Sainte Rencontre à MK en Aout, et ce 8 Aout, nous avons constaté que deux liturgies ont été célébrées par deux prêtres différents sur l'autel de l'église principale, la première à 8h la seconde à 10h30.
Ce monastère, dirigé par Père Tikhon, est pourtant assez attentif au respect de la Tradition.
Par ailleurs, lorsque les églises à MK manquaient encore, sous le régime communiste, je sais que P. Dimitri Smirnoff célébrait parfois plusieurs liturgies sur un même autel. la situation ne permettait guère de faire autrement à l'époque: beaucoup de fidèles et peu d'églises, avec néanmoins un objectif de transmition de Grace à rempplir.
Dont acte.
J'ignorais le fait. Ce jour là les deux liturgies avaient été célébrées dans l'église principale, mais je reconnais que je n'étais pas dans le sanctuaire lors de la première.(pour la deuxième oui).
Dons témoignage à prendre avec prudence, j'en conviens.
c'est pareil avec beaucoup de choses, il y a le droit canon souvent assez clair...puis arrive une exception sans doute justifiée..puis sa répétition...moins justifiée..puis son extension géographique puis historique...plus du tout justifiée...puis une discussion comme aujourd'hui peut-être où l'on tord, croise, malaxe interprète les termes pour à nouveau justifier...ce me semble étrange et un peu infantilo hypocrite puis ...on en perd son latin...pardon grec !..pFFFF !