« Alors que j’étais de garde aux tranchées du Bois Sabot cette nuit de Noël, le canon avait fait une pose, on entendait entre deux souffles de vent, les Allemands réveillonner et chanter dans la tranchée d’en face. Des chants de Noël dont l’intonation faisait resurgir des images d’enfance. La nuit était si calme qu’on en oubliait la guerre.

Mon camarade Jules, alors que les aiguilles de ma montre indiquaient minuit prit son fusil et lentement tira en l’air douze coups de feu, chaque balle tirées régulièrement résonnèrent comme les douze coups d’une horloge. Il se produisit à ce moment un phénomène étrange et en même temps bienfaisant ; le soldat allemand d’en face reproduit ces douze coups avec son Mauser.   Pendant de longues minutes ce message de paix fut relayer tout le long du front alternativement par les deux ennemis qui s’étaient accordés tacitement un moment de trêve et de paix. Ce message est parti au loin, s’affaiblissant petit à petit jusqu’à ce qu’il ne soit plus perceptible. »

source : souain1418.wordpress.com/1915/01/01/1915-arrive-et-ils-sont-toujours-la