Nous commémorons cette année le 70e anniversaire de la dormition du Père Séraphim (Karakaï), enterré au skite de Mourmelon.
Mémoire éternelle à l'hiérodiacre Séraphim, dont le métropolite Euloge disait dans ses Mémoires que lui et Père Job étaient des « saints hommes » !

Seraphim Skite OK
Courte BIOGRAPHIE du hiérodiacre Séraphim,
moine au skite de Tous les Saints russes à Mourmelon (St-Hilaire),
dictée à Natalia Pavlovna Annenkoff par le Père Job, une semaine environ avant le décès de ce dernier (1986).


Père Séraphim (Victor Pavlovitch Karakaï / Виктор Павлович Каракай) est né en 1893 dans le Caucase.
Son grand-père était un cosaque du Kouban, il vivait à Ekaterinodar.
Ekaterinodar était la capitale du Kouban, il y avait une armée du Kouban qui regroupait les cosaques. Au XIXe siècle, Ekaterinodar fut incorporée à l’Empire russe et les habitants durent alors choisir : soit rester cosaques dans l’armée, soit quitter l’armée et devenir citoyen de la ville et participer à sa vie.

Le grand-père du Père Séraphim donna sa démission et devint citoyen, participant en tant que sacristain à la vie religieuse de la ville. Il partagea son domaine en 3 000 déciatines (mesure agraire russe, correspondant à 5 121 ou 6 821 mètres carrés, suivant les localités) à parts égales entre ses six enfants; L’une de ses filles reçut ainsi 300 déciatines : c’était la mère du Père Séraphim. Elle épousa un nommé Karakaï, qui n’était pas cosaque (le nom de famille vient du mot «kara» qui signifie noir en turc).
Le père du Père Séraphim avait des ruches et un relais de poste (incertain). Il possédait aussi un terrain en ville, terrain traversé par une rue. Il le louait à des magasins.

Père Séraphim fit ses études dans une école réaliste (équivalent de notre section moderne sans latin), qu’il acheva en 1910.
Nommé dans la ville de Samara (maintenant sous les eaux) dans la brigade d’artilleurs, il y passa la guerre de 1914-1918. Durant la guerre civile, il servit dans la brigade des officiers artilleurs. À la fin de l’évacuation, il se retrouva avec son armée à Gallipoli (Turquie). De là il partit en France avec un contrat de travail chez Renault, à Paris.

Il fit la connaissance du Père Alexis (Kiréevsky) quand celui-ci quitta le Mont-Athos pour Paris. Le Père Alexis devint alors son père spirituel et c’est ainsi qu’il fit aussi la connaissance de Père Job, qui était lui aussi enfant spirituel du Père Alexis.
Le Père Job partit pour le Mont-Athos, mais dut bientôt revenir car les Grecs n’acceptaient plus de moines russes au-delà d’un certain quota. À son retour, Père Alexis et Père Séraphim étaient encore à Paris, mais partirent ensuite pour la Russie des Carpates, où se rendit plus tard Père Job [à Ladomirova, au monastère de l'archimandrite Vitali, comme le précise le m. Euloge]. Ils se retrouvèrent à la Mission slavophile.
Quand le Père Alexis décida de fonder un ermitage en France, Père Séraphim et Père Job le suivirent en mars 1932. Père Séraphim devint moine rasophore avec le nom de Varlaam puis moine — avec le nom de Séraphim — en 1936, il est ordonné diacre en 1945 — six mois avant sa mort.
Il décède le 8 décembre 1945 à l’hôpital américain de Neuilly durant l’opération pour un traumatisme crânien : une jeep américaine l’avait renversé alors qu’il rentrait à l’ermitage de Saint-Hilaire à bicyclette, ce sont les Américains basés dans la région qui l’ont conduit à Neuilly.

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De droite à gauche : les tombes du hiérodiacre Séraphim, de l'archimandrite Alexis et de l'archimandrite Job.