Extrait de l'homélie prononcée par le patriarche Bartholomée ce dimanche. Texte brut emprunté à orthodoxie.com.

« Le Patriarcat œcuménique lutte pour que l’orthodoxie soit préservée des dangers du nationalisme, de l’introversion et de l’autarcie, du conservatisme stérile et du fondamentalisme, de la sous-estimation des réalisations de la civilisation contemporaine et du refus du dialogue avec le monde… Il est inconcevable que le trône œcuménique qui, d’après les saints canons, a la responsabilité de l’unité et de la stabilité de l’orthodoxie, reste inerte lorsqu’un peuple orthodoxe souffre et recherche la solution des problèmes ecclésiastiques qui le tourmentent depuis des siècles. [Ce peuple] compte sur le trône œcuménique, recourt à lui, en demandant appui et protection… Nous intervenons par obligation – comme nous le faisons aujourd’hui aussi – toujours sur la base de critères authentiquement ecclésiastiques, véritablement universels et purement supra-nationaux, pour la vérité et la tradition de l’Église ainsi que la défense de l’ordre canonique et de l’identité de l’orthodoxie, dans le but de l’édification du corps du Christ et non pour nous-mêmes et démontrer la force et la puissance mondaines. En étant indifférents, nous serions sans excuse devant Dieu et l’histoire ».
Le patriarche a ajouté :
« Le trône œcuménique se soucie de l’homme et de ses problèmes existentiels aigus, afin de faire face aux grands défis de notre époque, sur la base des valeurs données par Dieu de notre tradition orthodoxe. Il montre par son bâton béni et multidimensionnel qu’il peut transformer le passé en présent, le présent en futur, le jour d’hier et l’aujourd’hui en demain… Le Patriarcat œcuménique résout non seulement les problèmes inter-orthodoxes, mais préserve et promeut la culture mondiale de l’orthodoxie et les valeurs ineffables de la tradition ecclésiastique, la foi dans la destinée éternelle, en Christ, de l’homme ; la défense du caractère sacré de la personne humaine et de sa maison, l’environnement naturel ; la solidarité et le dialogue, l’unité et la coopération, la paix et la réconciliation… La sainte grande Église du Christ ne cultive pas et ne promeut pas simplement les valeurs très précieuses de la tradition orthodoxe, mais influence également de façon créative le devenir culturel. Il crée et enseigne la civilisation élevée de la communion et de l’amour. Le Patriarcat œcuménique a scellé et scelle de façon indélébile l’histoire de l’humanité. Il constitue aujourd’hui aussi l’espoir pour le présent et l’avenir ».
Répétant une phrase du métropolite Jean de Pergame, le patriarche a poursuivi en disant que le Patriarcat est « une institution qui, si elle ne nous avait pas été donnée par la grâce de Dieu et en particulier à notre nation, il aurait été nécessaire d’inventer».
Le patriarche a terminé son homélie par les paroles de l’apôtre Paul : « nous nous rendons à tous égards recommandables, comme serviteurs de Dieu, par beaucoup de patience dans les tribulations, dans les calamités, dans les détresses, sous les coups, dans les prisons, dans les troubles, dans les travaux, dans les veilles, dans les jeûnes; par la pureté, par la connaissance, par la longanimité, par la bonté, par un esprit saint, par une charité sincère, par la parole de vérité, par la puissance de Dieu, par les armes offensives et défensives de la justice; au milieu de la gloire et de l'ignominie, au milieu de la mauvaise et de la bonne réputation; étant regardés comme imposteurs, quoique véridiques; comme inconnus, quoique bien connus; comme mourants, et voici nous vivons; comme châtiés, quoique non mis à mort; comme attristés, et nous sommes toujours joyeux; comme pauvres, et nous en enrichissons plusieurs; comme n'ayant rien, et nous possédons toutes choses ».

Source : Orthodoxia.info