Lestvitsa

Se servir de la prière pour combattre les mauvaises pensées, les repousser avec horreur, les mépriser et en triompher entièrement, ne sont pas des choses qui ne se distinguent pas entre elles. Celui qui a dit à Dieu : Viens à mon aide, ô mon Dieu; Seigneur, hâte-toi de me secourir (Ps 69, 2), et autres paroles semblables, nous donne un exemple de ces trois choses; le même nous fait connaître la seconde, lorsqu'il dit : Je répondrai aux injustes accusations de ceux qui me chargent de reproches (Ps 118,42), et ailleurs : Vous nous avez mis en butte à tous nos voisins (Ps 79,7); enfin il nous enseigne la troisième, celui qui a proféré ces mots : J'ai mis une garde à ma bouche; dans le temps que le pécheur s'élevait contre moi, je me suis tu et j’ai gardé le silence (Ps 38,2), et encore : Les orgueilleux agissaient avec beaucoup d'injustice à mon égard, mais je ne me suis pas détourné de votre sainte loi (Ps 118,51). Or celui qui possède la seconde de ces dispositions a souvent besoin de recourir à la prière, parce qu'il n'est pas assez préparé ni assez fort pour résister aux démons; celui qui se sert de la prière, sans vouloir exciter en lui l'horreur des mauvaises pensées, ne pourra jamais les chasser ni les éloigner de son esprit; enfin celui qui possède la troisième, rejette avec dédain et décourage entièrement les démons.

saint Jean Climaque : L'Échelle sainte

«Du Discernement dans les pensées, les vices et les vertus.» (О рассуждении помыслов и страстей, и добродетелей/ XXVI)