L’épidémie du coronavirus a appelé de nombreux commentaires, particulièrement dans le monde catholique-romain, mais aussi dans l’Orthodoxie, relativement aux dangers auxquels exposerait la sainte Communion. Aussi, ne doit-on pas se poser cette question : Peut-on être contaminé par le Corps et le Sang du Christ alors qu’il est dit dans la prière аprès la Communion, que les Saints Dons nous apportent la guérison de l’âme et du CORPS ? Comme l’a dit récemment le patriarche Daniel de Roumanie : « la Sainte Eucharistie n'est pas et ne peut jamais être une source de maladie et de mort, mais une source de vie nouvelle en Christ, de pardon des péchés, de la guérison de l'âme et du corps… » https://basilica.ro/cuvant-pastoral-pentru-intarirea-in-credinta-si-in-comuniune-euharistica-patriarhul-daniel/
Au cours d’une précédente épidémie, un vieux prêtre grec, aumônier des hôpitaux, avait déclaré : « Je n’ai jamais vu dans ma carrière une seule personne infectée après avoir reçu les saints Dons ! » Répondant aux réticences de ceux qui craignent vénérer les icônes, le patriarche Daniel a ajouté : « De plus, lorsqu’ils embrassent les icônes sacrées, les croyants qui ont une foi forte et vivante n'ont pas peur de tomber malades, mais ils se réjouissent de la prière et de la bénédiction des saints représentés sur les icônes. »

Cela dit, il serait opportun que tous les Orthodoxes, à l’instar des Roumains, introduisent des demandes spéciales dans l’ecténie instante au cours de la sainte Liturgie, pour la protection contre la maladie et pour les malades eux-mêmes. L’évêque Silouane (évêché roumain d’Italie) a fait les recommandations suivantes https://orthodoxie.com/message-de-leveque-silouane-au-sujet-de-la-propagation-du-coronavirus-en-italie/ à ses fidèles :
— Tracer quotidiennement le signe de croix sur eux-mêmes, ainsi que sur leurs enfants, ainsi que sur leur nourriture et leur boisson, à la maison et sur le lieu de travail.
— Oindre leur propre personne et leurs enfants, quotidiennement, avec l’huile du sacrement de l’huile sainte, pour la guérison de l’âme et du corps, en faisant avec elle le signe de croix sur le front, à la base du cou et sur les mains.
— Boire, chaque matin, à jeun, de l’eau bénite et asperger avec celle-ci son logement, en traçant le signe de croix.  [S. Luc, le chirurgien de Simféropol disait de façon caractéristique : « je vous recommande l’eau bénite, non en tant qu’archevêque, mais en tant que médecin ! » ndt]
— Avoir la conviction que, chaque fois qu’ils communient au saint corps et au saint sang du Christ Sauveur, ils le font pour la guérison de l’âme et du corps.
— Réciter fréquemment le « Notre Père », en pensant à tous ceux qui souffrent ou qui sont envahis par l’anxiété et la peur.
— Invoquer le nom du Seigneur pour qu’il nous défende et nous aide, en disant sans cesse : Seigneur Jésus-Christ, notre Dieu, aie pitié de nous et de tout Ton monde.
— Lire, dans la mesure du possible, le canon d’intercession à la Mère de Dieu, en commémorant les malades, avec la conviction que la très sainte Mère de Dieu est une assistante empressée.

Là où se trouvent des saintes reliques, il convient que le clergé bénisse le peuple avec le coffret les contenant, en traçant le signe de la croix avec dans les quatre directions. »

Outre ce que dit au sujet de la prière Mgr Silouane, on peut ajouter que les psaumes sont d’un grand secours en cas d’épidémies. S. Arsène de Cappadoce (†1924), avait attribué les Psaumes 50 et 85 (numérotation des Septante) à la protection contre celle-ci.

Il est également utile de rappeler ici le secours des saints. À titre d’exemple, une épidémie de choléra avait frappé la Russie en 1830. Le 25 septembre, jour de la fête de S. Serge de Radonège, le métropolite Philarète de Moscou avait célébré en la cathédrale de la Dormition « un office d’intercession avec des prières dites à genoux pour la cessation de l’épidémie dans la patrie », après quoi une procession s’est déroulée à travers toutes les églises du Kremlin. Dans la « feuille d’information sur le choléra N°5 » http://www.pravoslavie.ru/128870.html éditée à cette occasion, nous lisons : « les habitants de Moscou, avec attendrissement, se sont adressés au saint (i.e. S. Serge) qui, au cours des siècles, a veillé sur sa patrie terrestre, la gardant de tous les malheurs, et il a écouté, semble-t-il, leurs prières ardentes : en ce jour, le nombre des morts à Moscou a été nettement inférieur à celui même des époques prospères. La prière du juste a une grande efficacité (Jacques 5, 16). » Autre exemple, une épidémie de peste cessa au XVIIIe s. sur le Mont-Athos, après que les moines eurent invoqué le saint grand-martyr Charalampe.

Cette épidémie survient alors que les « gens mangent, boivent, achètent, vendent, plantent, bâtissent » (cf. Lc 17,28), et tandis que la mort, « évacuée » de toute la civilisation contemporaine, se présente soudainement. Peut-être est-ce là un appel à la pénitence (en grec « metanoia », changement de mentalité) et à reconsidérer ses intérêts dans la vie ainsi que prendre conscience de la fragilité de notre existence ?

Les lignes qui précèdent n’ont pas pour but, cela est évident, de négliger les mesures prophylactiques dictées par les autorités, mais de rappeler que « сeux qui mettent leur confiance dans le Seigneur sont redoutables à leurs ennemis, ils sont dignes d’admiration, car ils regardent en haut » (Anavathmi 6e t.).

Contribution  de BLC en lien avec le billet précédent.