Géronda, si des justes prient lorsque se  produit une catastrophe naturelle, laquelle est souvent une claire manifestation de la colère divine, Dieu les exaucera-t-Il ?
— Sais-tu ce qui se passe ? La prière des justes  ne peut pas être exaucée, car les hommes ne se repentent pas. Si nous provoquons la colère divine et le reconnaissons, c'est différent : Dieu a pitié de nous et vient à notre secours. Mais si nous ne reconnaissons pas que nous avons provoqué Sa colère et continuons d'agir à notre guise, comment Dieu exaucerait-Il la prière des justes ? Avons-nous commis une faute ? Pour que Dieu nous pardonne, nous devons prendre conscience que nous sommes coupables. Les fautes des hommes spirituels n'ont pas de circonstance atténuante. Comme le dit une prière de la Liturgie : « Pour nos péchés et les ignorances du peuple ». Les fautes du malheureux monde sont des « ignorances », alors que chez les hommes spirituels, elles sont des « péchés ». La moindre faute d'un homme spirituel est donc grave. Les hommes du monde ont, eux, des circonstances atténuantes. Cette année, pendant le carême de la Dormition, le feu a pris au Mont-Athos, c'était terrible ! Les meilleurs pompiers sont arrivés, mais ils n’ont rien pu faire. Tous ne purent qu'observer l'incendie se propager. On aurait que les avions canadairs favorisaient le développement de l’incendie. On entoura un monastère de ceintures anti-incendie pour le préserver des flammes, mais le feu passa par-dessus et se propagea là où l'on ne l'attendait pas, à l’hôtellerie. La Sainte Montagne brûla pendant quinze jours. Le quinzième jour, le feu cessa de lui-même. Et certains osaient dire :  « Pourquoi la Vierge n’éteint pas l’incendie ? ». Nous en arrivons au point de blasphémer le nom de Dieu. Six jours plus tard, le feu prit à un autre endroit, mais la pluie éteignit aussitôt l’incendie. Les hommes ne comprennent pas : comment se fait-il que cet incendie a été éteint, et l’autre pas ?
Certains, ne connaissant pas les lois spirituelles, prient dans la douleur lorsque surviennent des catastrophes naturelles, mais leurs prières ne sont pas exaucées, car ces fléaux sont l'expression de la colère divine. D'autres ne prient pas du tout, n'égrènent pas même un seul chapelet, car ils consentent à la juste colère de Dieu, qui vise à éduquer les hommes. Que Dieu nous éclaire davantage, nous les moines, car la plupart d'entre nous ressemblons aux vierges folles et les mèches de nos lampes n'ont que de l’eau et bien peu d'huile ! Or les laïcs attendent de nous que nous leur éclairions la route pour qu'ils ne trébuchent pas ! Prions Dieu de donner au monde le repentir  afin que nous échappions à Sa juste colère. La colère divine qui nous guette ne peut être évitée que par le repentir et l'observation des commandements.

proposé par P.A.D.