moinillon au quotidien

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vendredi 23 avril 2010

« nous sommes des sans-Dieu baptisés »

Le journal Ogoniok № 15 (5125) du 19.04.2010 propose une interview intéressante de l'archiprêtre Georges Mitrofanov, professeur à l'Académie de théologie de Saint-Péterbourg et historien de l'Église. Des révélations plutôt inattendues sur le clergé d'aujourd'hui. En voici les extraits essentiels.

прот. Георгий Митрофанов— ... On a le sentiment que la profession de prêtre est très demandée. En est-il ainsi ?
— Nous avons de moins en moins d'étudiants [dans les séminaires orthodoxes]. D'un côté se fait sentir le trou démographique qui s'est formé en Russie dans les années 1990 ..., de l'autre —  l'intérêt pour l'Église orthodoxe chute. Il n'y a pas de concours d'entrée, et ce sont essentiellement des gens qui viennent après l'école ou le collège technique, car ils ne savent pas où aller. Aussi, le niveau social et culturel des candidats laisse à désirer.

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mercredi 14 avril 2010

Testament politique d'Alexandre Schmorell


Alexandre Schmorell)
(Témoignage d'Alexandre Schmorell)

« Vous me demandez quelle forme de gouvernement je préfère. Je vous répondrai que à chaque pays sa forme propre, celle qui correspond au caractère de l'État. Le gouvernement, à mon avis, n'est que l'exécuteur de la volonté populaire. En tout cas, il devrait en être ainsi. Ainsi, bien sûr, il jouit de la confiance du peuple, il plaît au peuple, car il le représente, il incarne sa pensée et sa volonté, il est le peuple lui-même. Et le peuple ne peut pas être contre un tel gouvernement. En même temps, il doit le conduire, parce que le commun des mortels ne peut comprendre tout lui-même, résoudre tout par lui-même, d'ailleurs il n'a pas l'intention de le faire — il fait confiance aux dirigeants, aux intellectuels qui s'y connaissent mieux que lui. Cette couche de l'intelligentsia doit constituer une entité unique avec son peuple, elle doit penser la même chose, sentir de la même façon que lui, sinon ils ne peuvent se comprendre pas, et l'intelligentsia mènera sa propre politique sans tenir compte du peuple, sans tenir compte de ses intérêts, malgré le fait que le peuple, dans tous les cas, restera toujours majoritaire. Par conséquent, en aucun cas, je ne me considère comme un fervent partisan de la monarchie, de la démocratie ou du socialisme, quelle que  puisse être l'appellation de ces différentes formes. Ce qui est bien et même remarquable pour un pays donné sera peut-être tout à fait l'inverse pour un autre — ce qui lui conviendra le moins. En règle générale, toutes ces formes de gouvernement ne sont qu'une enveloppe extérieure.

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lundi 5 avril 2010

lettre d'A. Schmorell

Schmorell

« Que nul ne craigne la mort,
car celle du Sauveur nous en a délivrés ! »

(homélie de Pâques de saint Jean Chrysostome)  
En ce lundi de Pâques, je tenais à publier la traduction d'une lettre du martyr Alexandre. 
Que nul ne craigne la mort :  C'est ce que ressentait le martyr, dix jours avant son exécution et le jour même comme en témoignent les deux lettres adressées à sa famille ces jours-là. Dans la suite du billet, on trouvera la traduction intégrale de la lettre adressée par Alexandre Schmorell à sa sœur cadette Natalia (elle fut écrite en prison dans la cellule des condamnés, onze jours avant l'exécution).

La lettre écrite quelques années plus tôt —  avant le début de la guerre avec la Russie —  à Angelica Probst, la sœur de son ami Christoph, dévoile ses impressions lors d'un office religieux dans l'église russe de Munich. C'était le dimanche des Rameaux pour les Russes, et le dimanche de Pâques pour les Allemands.
En comparant ces deux lettres, on remarquera l'évolution spirituelle d'Alexandre.

« Munich, le 14 avril 1941
Chère Angelica,
Hier, j'étais à l'église russe. Mon cœur était serré quand, debout derrière dans un coin, je regardais tous ces malheureux. Où est la justice de Dieu, où ? Peux-tu me le dire, Angeli ?
Alors que j'allais à l'église, le peuple, la populace, les bourgeois, le jour de Pâques, faisaient la queue dès le matin devant les cinémas. Masse malodorante !
Pourquoi ces créatures tristes ont-elles un travail, du pain, une maison et une patrie, et pourquoi tout cela manque-t-il à ces gens que j'ai vus aujourd'hui à l'église ?
Parmi eux il y avait aussi beaucoup de gens du peuple, mais d'un peuple beau, précieux.
Ce sont tous des gens qui ont quitté un jour leur patrie pour échapper à la captivité, s'aventurant dans d'incroyables difficultés uniquement pour ne pas servir une idée qu'ils haïssaient. Et c'est précisément ce simple peuple que j'ai vu aujourd'hui à l'église, c'est lui qui est sans prix. Ils ont fui non pas pour sauver argent ou objets précieux comme de nombreux riches, non, ils ont fui pour sauver leur liberté et celle de leurs enfants. Où trouverait-on un exemple similaire quand une énorme partie du peuple a eu le courage de renoncer à  tout ce qu'elle considérait comme son bien pour fuir, pour échapper à l'esclavage ?
Où était passé aujourd'hui ce courage des Allemands si souvent louangé ?
C'est avec beaucoup de difficultés que la majorité d'entre eux s'est munie en France, d'une modeste et pauvre, mais tout de même une maison. Et de nouveau, ils ont eu un destin  monstrueusement cruel dans un pays étranger.
Cela fait 22 ans qu'ils prient. Même aujourd'hui, quand on les  chasse pour la deuxième fois, ils continuent à prier, ils continuent à venir à l'église et ils prient, ils gardent espoir. Pourquoi Dieu — qu'ils aiment plus que n'importe autre peuple — leur envoie-t-il tant de fardeaux, pourquoi leur sort est-il si monstrueusement cruel ? Des petits enfants de trois-quatre ans, — ils s'agenouillaient, priaient, embrassaient les saintes icônes.
Est-ce qu'il ne suffit d'une seule et unique prière de ces enfants pour pardonner tous les crimes que ce peuple a commis ?
Ils étaient là devant moi, et priaient et avait la foi. Est-ce que la foi n'est pas le plus important ?
En quoi — qui donc le sait ?
Montre-moi un peuple, montre-moi des gens qui croient plus fort que ceux-là qui, après 22 ans de vaine prière croient encore ! Ils ne croient pas en la justice. Comme la Russie devrait être libre depuis longtemps !
Mais ils croient en leur prière, ils croient que Dieu les entendra, et ils ne cessent de croire.
Et pourtant, il n'est personnel pour qui le sort est plus cruel que pour ces gens — les plus croyants de tous les hommes. Ils ont peut-être commis beaucoup d'autres d'erreurs, plus que bien d'autres, mais ils ont aussi une telle Foi et un tel Amour, que n'ont pas les autres. N'est-ce pas le plus précieux ? Toutes les autres erreurs ne devraient-elles pas être pardonnées ?
Je me tenais dans un coin sombre, en regardant tous ces malheureux, et des larmes coulaient sur mes joues. Je n'en avais pas honte.
Dis-moi, bien aimée, est-ce que Dieu envoie toujours à ceux qui L'aiment un destin si cruel ? Pourquoi ? »

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mercredi 27 janvier 2010

saints Pères du Sinaï et de Raïthou

Un beau cadeau du Père Nicolas à l'occasion de la fête, aujourd'hui, des saints moines martyrs du Sinaï et de Raïthou.
Les deux récits sont extraits de la première traduction française faite et préfacée par le Hiéromoine Nicolas de l'Evergetinos, une anthologie de textes spirituels destinés à la formation de moines et de laïcs pieux composée par le moine Paul, higoumène et fondateur (1050) du monastère de la Mère de Dieu Bienfaitrice (Evergetis), près de Constantinople. Cette traduction est parue récemment en quatre volumes reliés sous le titre de Paroles et exemples des Pères. Les exemplaires sont disponibles. Les personnes désireuses d'approfondir leur vie spirituelle et d'aider ce monastère de tradition athonite (c'est un métochion de Simonos Petra) peuvent les commander (28 € le volume) à l'adresse suivante : Monastère Saint-Antoine-le-Grand, Editions du Monastère, Font de Laval, 26190 Saint-Laurent-en-Royans. France.

Everg. Tome 1, 12, [1]
Dans le récit de la mort des saints pères du Sinaï et de Raïthou.

La mère d’un jeune moine (que la rumeur disait célèbre en tous lieux pour la noblesse de son caractère) apprit que celui-ci avait courageusement résisté aux barbares et, après avoir subi d’innombrables blessures, avait été égorgé à l’intérieur même de la cellule où il avait vécu en ascète. Il ne s’en était pas enfui quand il l’aurait pu et il avait refusé de déposer l’habit monastique lorsque les barbares le lui enjoignirent avec la promesse de ne pas le tuer s’il se soumettait. Leur ayant ainsi résisté de façon virile, il avait subi courageusement la mort.
A cette nouvelle, cette mère montra par sa conduite qu’elle était de la même race que lui, une mère véritablement digne de son fils : elle revêtit aussitôt des vêtements resplendissants et changea tout son aspect extérieur en plus radieux puis, élevant les mains vers le ciel, elle s’adressa à voix haute au Christ-Sauveur : “Je t’avais remis, Maître, mon enfant et il m’est conservé maintenant et pour les siècles. Je t’ai confié cet adolescent et j’ai pu constater le soin que tu as pris de lui, et il m’est conservé, en vérité, sain, sauf et invulnérable. Ce n’est pas le fait qu’il soit mort ni la manière dont il a perdu la vie qui comptent pour moi. Ce que je considère, c’est qu’il a échappé à l’expérience du péché. S’il a pu remettre son esprit immaculé entre Tes mains, ce n’est pas parce que son corps fut meurtri de toutes parts ni parce qu’il a supporté une fin amère, mais parce que son âme était alors pure et sans tâche.
Pour moi, je compte ses blessures comme des récompenses, et j’estime que ses plaies sont des couronnes. Je voudrais, mon enfant, que ton corps ait davantage pâti pour que tes récompenses soient plus nombreuses. En cela tu m’as rétribuée de t’avoir porté en mon sein. En cela tu as satisfait aux douleurs de l’enfantement, en cela tu m’as offert la compensation de t’avoir allaité. Quoi donc ? Ne me prendras-tu pas comme partenaire dans tes combats ? Quant à moi je m’établis comme celle qui partage ta lutte.
Tu as lutté ? Et moi je me réjouis de la lutte. Tu t’es tenu face à la barbarie avec un ferme courage ? Moi, je résiste aux lois impérieuses de la nature. Tu as, aux yeux de tous, méprisé la mort ? Moi, je dépasse mon instinct maternel. Tu as supporté sans plainte la douleur de l’immolation ? Moi, je supporte la torture de mes entrailles déchirées. Nos tourments sont égaux, et les miens ne sont pas moindres. Tu as vaincu, toi, par l’amertume de la douleur ? Moi, j’ai l’avantage à cause de la longueur du temps. En effet, bien que tu aies souffert grandement, la mort n’en est pas moins venue rapidement et une fois pour toutes. Mais moi, je traîne ma souffrance à longueur de temps et je la supporte en la modérant, considérant avec sagesse que tu jouis assurément auprès de Dieu de la vie parfaite et que, dans peu de temps, j’en suis persuadée, je bénéficierai là-haut du soin qu’on prend des Anciens lorsqu’en moi sera brisé ce vase d’argile, quelle qu’en soit la manière, et que je m’en irai vers le Siècle à venir.
Bienheureuse suis-je, entre toutes les mères pour avoir présenté à Dieu un tel combattant : bienheureuse, encore une fois, car j’ai l’assurance en vérité de pouvoir me glorifier à l’avenir, car c’est à cause du Christ que tu as été délié et tu demeureras avec lui éternellement, jouissant de délices qui n’ont pas de fin.”

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mardi 8 septembre 2009

chants des années 1995



durée : 30 mn
Un cadeau souvenir. Il ne reste pas grand monde des moines chanteurs de cette époque. Une époque où la moyenne d'âge était de 25 ans, et où pratiquement personne ne savait lire les notes.
On n'imagine pas le temps que cet enregistrement sur minidisc de 30 mn avait demandé. Il reste des couacs qui ont d'ailleurs tout leur charme, écoutés avec recul !

mardi 28 juillet 2009

funérailles de Mgr Ambroise

Homélie en français de Mgr Michel après la Liturgie, hier à Vevey (Suisse),
lors des funérailles de Mgr Ambroise.

Funérailles de Mgr Ambroise à Vevey


Sur PC, de façon très mystérieuse, apparaît une autre vidéo. On peut regarder la vidéo originale sur Viméo à cette adresse : vimeo.com/5791599.
Слово еп. Михаила Женевского после Литургии,
в день отпевания еп. Амвросия (27.7.2009).

lundi 13 juillet 2009

pèlerins de Koursk

Pour la première fois, des pèlerins de Koursk (Russie) et d'autres pays peuvent vénérer l'icône miraculeuse de la Mère de Dieu de Koursk — Odighitria de l'émigration russe —, qui se trouvait à Koursk avant la révolution.
L'archevêque Germain de Koursk, très ému, célèbre un office de grâce dans notre monastère devant l'icône miraculeuse.
Un beau cadeau. L'icône se rendra cependant pour la première fois en Russie en septembre prochain : à Moscou et à Koursk. Les autorités gouvernementales ont garanti que la sainte icône rentrera «chez elle» dans l'église du Synode à New York, à l'issue du voyage.
Quelques mots de l'archevêque Germain en fin de film : minute 22. Et de l'archevêque Mark : minute 23:30.

молебен перед Курской иконой

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mardi 5 mai 2009

1re concélébration EORHF au Saint Sépulcre

Cette nuit, pour la première fois depuis de nombreuses années, un évêque de l'Église orthodoxe russe hors frontières a célébré la liturgie au Saint Sépulcre. Mgr Agapit (en ornements dorés) a célébré avec le métropolite Aristarche du patriarcat de Jérusalem.
À l'époque soviétique, le patriarcat de Jérusalem (comme la plupart des Églises orthodoxes officielles) avait cessé les relations officielles avec l'ÉORHF à la demande du patriarcat de Moscou.
Après la réunification de l'Église russe, le jour de l'Ascension il y a deux ans, le patriarche Alexis avait écrit au patriarche de Jérusalem. La réponse se s'est pas fait attendre : deux ans plus tard, le patriarche de Jérusalem, par une lettre bienveillante adressée à Moscou, officialise les relations entre l'Église de Jérusalem et l'Église russe réunie.
Il est particulièrement réjouissant que ce soit précisément l'évêque Agapit de Stuttgart — l'un des plus humbles de notre Église — qui ait eu la joie de participer à cette communion eucharistique.

Saint-Sepulcre 079 2

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dimanche 1 février 2009

16e portrait

A ajouter à la galerie de portraits : un portrait du nouveau patriarche russe peint en un temps record : la remise du kukol a eu lieu il y a juste quelques heures.
Le clergé de l'Église hors frontières au premier plan (Mgr Georges et diacre Nicolas).

kyrill
Tous droits réservés pour la photo envoyée par un ami.
(reproduction interdite sans autorisation de ce blog)


Dans la suite du billet : vidéo de l'intronisation.

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dimanche 14 décembre 2008

служба св. Филарету Милостивому

служба св. Филарету Милостивому OFFICE À SAINT PHILARÈTE LE MISÉRICORDIEUX
Служба святому праведному Филарету Милостивому составлена в XX веке. Для Вознесенского монастыря на горе Елеон, трапезный храм которого посвящен этому святому, служба была переделана в бденную.
Эту службу на церковно-славянском языке мы предлагаем в формате PDF.

À l'occasion du 4e anniversaire de ce blog, dont les premiers balbutiements ont commencé le 14 décembre — jour de la fête de saint Philarète —, nous proposons l'office à saint Philarète le Miséricordieux, en slavon d'Église. Il a été composé au XXe siècle.

Philaretos, en grec, signifie : l'ami des vertus.
Ce saint a eu une vie vraiment « folle » : fort riche, il perd ses biens lors des invasions et malgré cela continue à distribuer le peu qui lui reste, au grand désespoir de son épouse, qui se plaint d'être condamnée à une famine plus grande encore. Mais le Seigneur nous montre toute la sagesse de cette « folie ». Car sa petite-fille Marie d'Amnia épousa l'empereur Constantin VI (792) et Philarète retrouva sa richesse à la grande joie de sa famille. Quant à lui, il continuait à recevoir à sa table mendiants et démunis, les servant lui-même. (Office de saint Philarète traduit en français par le père Denis Guillaume au tome XII du Supplément aux Ménées.)
Ce qui signifie qu'il ne faut pas hésiter à distribuer ce que l'on a, car le Seigneur pourvoit à tout si l'on a assez de folie pour s'en remettre entièrement à Lui.

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