Lors de la réunion d'hier, l'assemblée des évêques de l'Église orthodoxe serbe
a unanimement décidé d'inclure dans les diptyques de l'Église orthodoxe
l'archimandrite Justin Popovitch (Popovic 1894-1979), le père spirituel du
monastère de Tchelié.
Saint Justin de Tchelié, décédé le jour de l'Annonciation (25/03-7/04)
sera commémoré le 1er juin (14 juin du calendrier civil).
La semaine dernière (le 22 février) c'était le 67e anniversaire de l'exécution
des trois premiers jeunes étudiants de la Rose Blanche.
J'ai fait un détour pour me rendre au cimetière Am
Perlacher Forst où sont enterrés Hans et Sophie Scholl et Christoph Probst
— victimes du premier procès d'une part, et Alexandre Schmorell victime du
deuxième (avec Willi Graf et Kurt Huber). Ce cimetière est situé entre la
tristement célèbre prison Stadelheim
où séjournèrent, puis furent guillotinés la plupart des membres de ce mouvement
d'opposition au nazisme, et la cathédrale
orthodoxe russe de Munich providentiellement aménagée dans les années 1990
de l'autre côté du cimetière (voir carte dans la suite du billet).
« Vous êtes morts pour votre foi chrétienne ...»
Toutes proches de l'entrée du cimetière (côté de la cathédrale russe), les
tombes de Hans et Sophie Scholl et de Christoph Probst sont couvertes de gerbes
de fleurs, à l'occasion de l'anniversaire de leur martyre. Christoph Probst
avait demandé à être baptisé catholique dans la prison avant sa mort et son nom
— avec celui des autres martyrs catholiques — est entré dans les diptyques de
l'Église catholique. Les Scholl étaient protestants (mais ils avaient demandé
qu'un prêtre catholique les visite avant leur exécution, ce qui leur fut
refusé), ils n'ont donc pas été canonisés, mais ils ont reçu une gloire civile
posthume plus importante que tous les autres martyrs chrétiens de cette
époque.
Il faut moins d'une minute pour atteindre la tombe d'Alexandre Schmorell, où
reposent également son père et sa belle-mère. Alexandre était orthodoxe, russe
par sa mère, il a été canonisé par l'Église russe HF de façon locale et est
commémoré le 13 juillet — date de son décès.
La vidéo suivante (dans la suite du billet) montre — de façon un peu floue —
que la cathédrale
russe est toute proche (300 m à vol de colombe).
Pour la première fois, nous avons célébré aujourd'hui (avec saint Sébastien) la
mémoire de saint Syméon de
Verkhoturye (XVIIe s.) qui fut canonisé ce jour.
Les Ménées anciennes ne comportent pas d'office qui lui soit consacré, mais un
office en slavon lui a été composé il y a quelques années et a été inclus dans
le complément des Ménées éditées par le monastère Sretenski de Moscou.
Il y a souvent une grande différence de qualité entre les offices composés dans
les temps passés et les offices contemporains. Si les offices anciens étaient
plutôt synthétiques (peu de mots exprimaient l'essentiel), les offices
d'aujourd'hui sont plutôt «analytiques». Les tropaires du canon des matines
comportent généralement trois-quatre lignes dans cette édition, ceux du canon
de l'office à saint Syméon en comportent jusqu'à une vingtaine (voir image
ci-dessus). Il en est de même pour les stichères des laudes.
Dans la suite du billet : vidéo de la fête en Sibérie — patrie de saint
Syméon.
Nous fêtons
aujourd'hui saint Grégoire de Néocésarée (IIIe s.).
En lisant (ou plutôt : relisant) sa Vie lors du repas, je remarque que
c'est «par correspondance» qu'il a été ordonné évêque contre son gré par
l'évêque Fedim. Il s'était isolé dans le désert, et comme l'évêque Fedim
d'Amasie ne pouvait pas parcourir trois jours durant la distance séparant
Amasie du désert, celui-ci s'adressa directement à Dieu et le consacra ainsi
évêque de Néocésarée !
Un autre moment de sa vie : à la différence de ses camarades païens, il ne se
livrait pas aux passions déréglées de son temps, car il était chrétien.
Que le Seigneur protège notre jeunesse chrétienne, par les prières de ce saint
homme !
Petit miracle.
Récemment, notre abbé ramenait de Terre sainte des reliques : celles de
saint
Gabriel l'Athonite, thaumaturge d'Odessa. La semaine dernière, en visite
pastorale dans le Nord du pays, il recevait tout à fait «par hasard» une icône
de ce même saint. Les reliques ont donc été placées dans l'icône.
Mais il n'y a pas de hasard : saint Gabriel fut l'higoumène du skite russe du
Prophète-Élie au Mont-Athos : un skite — ressemblant plus à un monastère qu'à
un skite par ses dimensions — qui fut longtemps sous la juridiction de l'Église
russe hors frontières.
Saint Gabriel (son nom de baptême était Georges) est né en 1849 dans le
gouvernement de Kiev. Orphelin à 12 ans, le jeune homme devint ensuite novice à
la Pustyn' de Saint-Théophane de Kiev. En 1867, il obtient l'autorisation
d'effectuer un pèlerinage en Terre sainte ; l'année suivante au Mont-Athos où
il reste. En 1869, à l'âge de 20 ans, il devient moine au skite russe du
Prophète-Élie et reçoit le nom de Gabriel en l'honneur du saint Archange. En
1874, il est ordonné diacre, deux ans plus tard — prêtre. Il devient économe et
trésorier du skite, supérieur de la dépendance du skite à Constantinople. En
1887, il devient l'abbé du skite. En 1891, il est fait archimandrite par le
patriarche de Constantinople. En 1893, il se rend en Russie avec des icônes du
skite afin de recueillir des dons pour la construction de la nouvelle église
cathédrale. Dans les années 1894-1896, il fait construire à Odessa une grande
église et une hôtellerie pour les pèlerins se dirigeant vers la Sainte
Montagne. C'est aussi en 1894 que débute la construction de nouveaux bâtiments
pour les moines du skite du Prophte-Élie sur l'Athos : elle durera quatre ans.
En 1899 débute la construction de la cathédrale. Mais en 1901, saint Gabriel
est envoyé en Russie pour les affaires des dépendances du skite à Odessa,
Taganrog, Novonikolaievsk, et y décède le 19 octobre (1er novembre). Ses
reliques furent alors transportées à Odessa dans la cathédrale. Les reliques
furent découvertes incorrompues le 9 (22) juillet 1994 et placées dans la
cathédrale même. La canonisation du saint eut lieu la même année. À Odessa, iI
est fêté le 22 juillet.
Une hymne acathiste en
slavon lui a été composée.
Une légende de Moscou sur saint Basile : dessin animé (en russe) de N.
Berezovkaja sur un collègue de saint Jean, fol en Christ à Oustioug (1494) que
nous fêtons aujourd'hui.
Proposé par Olga.
La Grande Duchesse Élisabeth de Russie était la sœur de la dernière impératrice
de Russie, et avait épousé le Grand Duc Serge. Après l'assassinat de ce dernier
en 1905, elle fonda le couvent «social» Marthe-Marie de Moscou, dont elle
devint la supérieure. Pendant la révolution bolchévique, elle fut exilée en
Sibérie avec sa fidèle moniale Barbara où elles furent jetées vivantes dans le
puits d'une mine à Alapaïevsk. Lors de l'arrivée de l'armée Blanche, les corps
furent recueillis pour être transportés à Jérusalem, où ils reposent
aujourd'hui encore au couvent russe de Gethsemane.
Nous possédons depuis plusieurs années des fragments des reliques des saintes
Élisabeth et Barbara (au milieu du premier reliquaire, ci-dessous).
En 2005, un reliquaire, contenant des reliques de plus grandes dimensions,
réalisé avec le bois du premier cercueil des saintes, a parcouru (vidéo) toute la
Russie avec la bénédiction du Synode de l'ÉORHF. Actuellement, ce reliquaire se
trouve pour quelque temps dans notre monastère.
Et pour tout dire, je me trouve embarrassé devant cette situation, car nous
vénérons «nos» reliques de ces saintes chaque jour, mais le «nouveau»
reliquaire revêt une plus grande importance. Pourtant, il me semble que la
dimension ou l'histoire des reliques ne sont pas essentielles : l'essentiel est
plutôt dans la ferveur de la prière adressée aux saints et aux saintes.
Sainte Élisabeth écrivait après l'abdication
de Nicolas II : « La Sainte Russie ne peut périr. Mais l'Illustre Russie a,
elle, malheureusement disparu. [...] Nous devons dire avec humilité : "Que Ta
volonté soit faite!" »
Un archevêque peu attentif à l'aspect extérieur :
une crosse toute simple, un klobouk décentré.
Parce que... concentré sur l'intérieur.
Saint Jean de Changhaï, prie pour nous et notre Église !